The Apprentice

affiche film the apprentice

La genèse d’un titan ou d’un monstre, chacun mettra ce qu’il veut derrière. Les premières années du comment et pourquoi Donald Trump est devenu ce qu’il est. De fils à papa docile et empêtré dans de l’immobilier bas de gamme, celui de papa, à ce qu’on sait. A près de 80 ans, un mec inarrêtable. The Apprentice est un biopic sur sa période années 70 années 80. Cela vaut le coup.

Biopic clivant

Le sujet est tellement clivant qu’il rend les gens aveugles. D’une part, les bobos qui pour les plus extrêmes voyaient Adolf Hitler dans Donald Trump en 2016. Avènement de l’Idiocracy. Honnêtement, j’ai même du mal à écrire ces bullshits. D’autre part, les super fans qui lui vouent un culte divin. La tentative d’assassinat dont il a été la cible et dont il est sorti sans même y prêter attention ont finit par le hisser dans les listes des hommes missionnés pour l’humanité juste après Jesus Christ. Calm down les amis.

L’étincelle de cette histoire, c’est Roy Cohn. J’avais déjà vu le reportage Netflix sur Trump, version mâle blanc dominant qui parlait de ce personnage craint, rotor, efficace et sans scrupule. Il est l’archétype de l’avocat américain qui use et abuse de l’État de droit. Quel dommage qu’il soit mort prématurément du Sida en 1986. A lui seul il aurait pu être un stress test permanent pour le système judiciaire américain. The Apprentice se clôt sur sa mort, certainement une volonté pour le réalisateur d’appuyer sur la rampe de lancement pour Trump qu’est Roy Cohn. Au passage, on ressent l’ignorance médicale et l’inquiétude qui règne à l’époque autour du Sida.

Sebastian Stan (Donald Trump) & Jeremy Strong (Roy Cohn)

Le jeu d’acteur dans The Apprentice mérite une mention très bien, voire le prix du jury. Autant pour Sebastian Stan dans le rôle de Donald Trump que Jeremy Strong qui interprète Roy Cohn. Ils ont travaillé les personnages, les attitudes. L’acting est devenu un truc de pro voire de sportifs de haut niveau avec une préparation de dingue. Je pense néanmoins que les mimiques du visage de Donald Trump sont celles du Donald Trump d’aujourd’hui et moins celles des années 70-80. Cela n’enlève rien à la performance.

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The Apprentice, le goinfre

Bien entendu, il y a Ivana que Trump épouse en 1 semaine, c’est tout et tout de suite. Son avocat lui dira de se protéger ce qu’il ne fera pas. On connaît la suite et la violence de leur divorce. Peu importe finalement. The Apprentice est un ogre, Trump engouffre tout, sans écouter personne. Le biopic s’arrête dans l’ascension et mériterait une suite, celle de la quasi-faillite puis de la renaissance. Ce personnage mérite un film de 3h. C’est « he, himself and him ». Même sa famille, il l’archive, la balaie. Il est dans le présent sans se soucier de rien, la mort de son frère aîné vient le lui rappeler.

Le réalisateur prend soin de dire que certaines choses sont romancées ou dramatiques. J’ignore lesquelles. Donald Trump est le presque self-made man à l’américaine, un genre de super héros au-dessus des gens non tant par ego comme le croit beaucoup mais par ennui et ambition. L’ambition que jamais cela ne s’arrête sinon c’est l’ennui. Que faire d’autre ? Si : attaque, attaque, attaque. N’admet rien, nie tout. Quoi qu’il arrive n’admet jamais la défaite et revendique la victoire. Ce sont les lois de Roy Cohn, un hommage posthume et une poésie du vivre ensemble.

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