la ville d'idiocracy

Il y a des films pour lesquels j’aurais aimé écrire le scénario et les dialogues. Non par vanité mais tout simplement pour les barres de rire qu’ils ont dû avoir à l’écrire. Cerise sur le gâteau, Idiocracy est presqu’un essai (au sens d’un essai de réflexion), sarcastique et peut-être légèrement désabusé. Si la démocratie c’est le pouvoir au peuple Idiocracy c’est le pouvoir aux idiots vous l’aurez compris.

Idiocracy, un film de 2006, evergreen

J’avais déjà vu le film il y a 20 ans, Idiocracy date de 2006. Je m’en souvenais, sinon quelques situations, tellement il est original. Revoir un film c’est se délecter de quelques précieux détails qu’on manque indubitablement la première fois.

acteurs principaux du film idiocracy dont Luke Wilson et Maya Rudolph
Dax Shepard, Luke Wilson, Maya Rudolph acteurs principaux

Le scénario d’Idiocracy est simple. En 2004, l’armée US décide d’un programme de congélation d’individus pendant un an pour voir ce qui se passe. Avis aux éternels premiers degré, cela n’est bien entendu pas possible. Passé outre cette hypothèse, le reste est parfaitement crédible. Deux individus « average » comme les officiers et les scientifiques les présentent. On dira ordinaires en français. Sans famille ni attache. Puis le programme est arrêté, faute de crédits, oublié, les bâtiments détruits. On adore fantasmer sur les projets militaires secrets et expérimentaux américains. On est en plein dedans et comme personne ou presque n’était au courant, ben nos deux gens ordinaires, un homme et une femme tombent dans l’oubli. What ?

5 siècles, autant ?

Cela dure 500 ans, 5 siècles… WTF avant que le hasard des choses en l’occurrence une avalanche d’ordures (de poubelles) n’ouvre les deux cercueils futuristes et ainsi commence le processus de décongélation. Entre-temps, avec un fast-forward, on comprend aisément que les idiots ont fait beaucoup plus d’enfants en commençant à 15 ans alors que les intellos n’en ont eu qu’un voire aucun en tergiversant pour avoir des gosses jusqu’à 40 ans. Première barre de rire.

Leur cercueil ou leur congélateur ouvert, nos deux PNJ de 2005 (personnel non joueur comme disent les adolescents) sans aucune aspérité, curiosité, sagacité etc… se rendent compte que le monde n’est plus peuplé que d’idiots. Même ceux présentés comme les plus malins sont des crétins, morons en anglais. Idiocracy n’insulte personne. On est là pour se marrer ou pleurer, c’est drôle. Les gags sont une extrapolation de la société de 2005 à l’extrême. Rien n’a changé depuis lors. On peut rire, pleurer et en même temps.

Affiche du film idiocracy avec Luke Wilson
Luke Wilson tête d’affiche d’Idiocracy

Comedie vaticinatrice

En effet, par bien des aspects certaines situations aussi drôles soient-elles, sont des dégénérescences possibles du présent. Le scénario est une extrapolation du présent.

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Bien entendu, Idiocracy c’est aussi une histoire dans cette fresque du monde futur. Nos deux individus, un bibliothécaire militaire sans aucune ambition ni aucune passion et une prostituée vont devenir l’exact contraire de ce qu’ils sont dans le monde de 2005 : des intellos, littéralement l’homme le plus intelligent du monde. La prostituée devient mère de famille, tout aussi intelligente et First Lady.

Les crétins sont toujours drôles à tel point qu’un opus 2, 20 ans plus tard avec d’autres extrapolations aurait du sens, de quoi faire à nouveau rire et pleurer en même temps et aussi inquiéter car visiblement, on n’aura pas besoin de 5 siècles pour atteindre l’Idiocracy.

Victor

Victor, donc. J'aime partager mes impressions. Urbain mais assez sauvage au fond.

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