Une bande dessinée biographique et monochrome de Simone Veil, qui pour le coup en a vu de toutes les couleurs dans sa vie. Franchement, le début de la bande dessinée est pénible. Le récit commence en 1974 lors du vote de la loi sur l’IVG qui porte le nom de loi Veil. Entre ceux qui voit l’avortement comme un droit universel depuis la nuit des temps, ceux qui à l’inverse pense que Dieu donne la vie et qu’on ne peut plus y toucher, je commençais à désespérer de passer un bon moment. Simone Veil l’immortelle, c’est une BD sérieuse.
Une femme du siècle
La punition du début du récit se confirme avec les tractations politiques, Chirac aux commandes. Des mecs rusés pour la politique mais impotents fasse à l’action.
La bande dessinée change brutalement d’ambiance grâce à un flashback dans l’enfance de Simone Veil, pendant la guerre, à Nice, région d’origine de Simone Jacob, son nom de naissance. L’auteur passe du bleu au jaune dans la monochromie. Le récit est plus léger, on n’a pas l’impression d’être en guerre.

Bien que toute cette partie de l’histoire soit connue. Elle nous transporte davantage, intégrant l’histoire individuelle de Simone Veil l’immortelle, dans l’histoire de la France. Nice est en zone libre jusqu’en 1943. Occupée ensuite, l’armée allemande organise avec la police des rafles et des arrestations de juifs. Simone est crédule et patriote, surtout son père. Cela lui coûtera la vie.
Flaskback, Flashforward
Le récit, toujours au moyen de flashback et flashforward, nous transporte dans les camps de concentration et de travaux forcés. Auschwitz Birkenau. Le monochrome passe du jaune au gris, certainement la seule couleur adaptée. Cruauté, épuisement sont les dernières expériences de vie pour des millions de personnes qui vont finir leur vie ici. Primo Levi en fait une description intime dans Si c’est un homme que je vous conseille de lire, les jours où vous avez une grosse pêche car vous risquez de la perdre.
Simone Veil, l’immortelle a pu survivre car elle pouvait travailler, être esclave objectivement et qu’elle a certainement été déportée tardivement par rapport aux millions de personnes mortes bien avant. Tous les autres, trop vieux, trop jeunes, trop faibles n’ont pas eu ce destin.

L’auteur de Simone Veil l’immortelle de conclure par une visite des camps en compagnie de l’intéressée pour perpétuer la mémoire. Lutter contre l’oubli pour que les millions de vies perdues servent l’avenir de l’humanité.

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