Un film d’une époque, de son époque quand Delon sortait un film par an comme Woody Allen ou Disney. On voit les choses, les ambiances et l’époque évoluée, d’une année sur l’autre, d’un film à l’autre. Trois hommes à abattre 1980, Pour la peau d’un flic 1981, le Battant 1983 et ici Parole de flic 1985.
A l’Americaine
Le film est clairement d’inspiration américaine, en 1985 on adore faire comme à Hollywood. La musique de Pio Marchese, Get out town, un must. L’affiche reprend le style des affiches de Schwarzenegger. Le scénario aussi est dans le thème en s’inspirant du justicier avec Charles Branson. Un mec venu rétablir l’ordre par la force quand la loi est molle. Parole de flic.
Cette fois Delon n’est pas le justicier même s’il est venu rendre justice à sa fille tuée (par erreur) par des justiciers. Un commando de cinq hommes prêts à tâter de la gâchette pour un oui ou pour un non. De préférence sans sommation. Leur cible, des mecs subversifs ou qui font du désordre ou les deux. On ne s’attarde pas trop sur cela. Le film est centré sur Delon qui est sur tous les plans du film. On l’aime, on te le vend. Ca aussi cela n’existe presque plus.
Venger sa fille
Delon a grand cœur. Parole de flic. Il a quitté la police, dégoûté de son inefficacité pour partir vivre dans une case en Afrique à jouer au poker avec des potentats locaux et à vivre de la pêche en pirogue. Une époque où on idolâtre l’Afrique pays de cocagne.
Il revient donc, forcé, en France pour venger la mort de sa fille et en bon flic expérimenté, il ne va pas mettre beaucoup de temps à retrouver les coupables. Des commerçants, des réacts, des amateurs de stands de tir. Le scénario est fait dans le cliché à mort. Pauvre commerçant, pauvre homme modeste. A coup de révolver couleur argent, à la manière d’un inspecteur Harry, il va démanteler la petite organisation. Encore une référence américaine.

Le commando va se faire fumer, égrainer un à un. La police, la vraie, a toujours un train de retard (Parole de flic) pour laisser la part belle à Delon. C’est marrant de voir Vincent Lindon jeune, c’est lui l’inspecteur, dans autre chose qu’une critique sociale dont il est devenu le VRP. La police a aussi un train de retard car les anciens sont complaisants ou complices des justiciers. On aime que les choses soient faites, cela peut se comprendre. Parole de flic.
Une James Bond girl à la française
Il reste au turbin une jeune inspectrice pas si inexpérimentée mais qui finit par succomber au charme de Delon et se retrouve rapidement dans son lit. On voit pas mal de paires de seins, et davantage, dans ces films des années 80.
Est-ce que Parole de Flic est périmé ? Certainement mais quand on se lasse de séries produites au kilo (mètre) sans trop de construction, on se dit que pour le coup, elles ne tiendront pas 40 ans. A part cela, c’est toujours bon de voir des films de notre enfance. Souvent je n’ai vu que les vingt premières minutes. Difficile de se souvenir du reste. Ensuite, c’était le fatidique et mortel « les enfants, pipi, les dents, au lit… » pendant que Delon s’envoyait en l’air et déglinguait à tout va. Franchement c’est dégueulasse. Parole d’enfant.
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