justicier dans la ville death wish

Amazon réalise une excavation de films que je pensais condamnés à disparaître avec les bandes VHS sur les brocantes. La plate-forme a dû gagner de l’argent avec l’instauration d’une petite coupure pub que je ne trouve pas si désagréable. Amazon fait de la pub pour ses programmes, cela me donne des idées de trucs à regarder. Bref, ils ont certainement acheté de vieux catalogues de films à pas cher, mais vraiment pas cher. Le Justicier avec Charles Bronson en fait partie. Death wish en version originale.

Une longue série de vengeances

La série est longue, il y en a 8 qui s’étalent de 1974 à 1999 et on le voit vieillir mais toujours fringant dans les bagarres. Charles Bronson est mort peu de temps après le dernier, sinon on aurait eu droit à un neuvième. Pour les puristes de Death Wish, il n’y en a que 5, les autres sont des inspirations. Des copies d’un truc déjà pas mal faux. Ils ont même tenté en 2018 un Death wish, une nouvelle version du Justicier avec Bruce Willis, j’essaierai de donner sa chance au produit.

L’idée de base est assez sommaire et plutôt bien réact. On adore la simplicité du scénario. Les villes des années 70, New-York en tête, sont en proie au crime. La police ne comprend rien, les lois ne protègent pas les honnêtes gens de bandes de délinquants. J’entends mamie me dire que ce sont des zoulous.

Du dézingage en cadence

Bien entendu, si la version originale s’appelle Death wish, les Français ont fait comme Martine avec Martine à la Plage ou Martine à la ferme. On a le droit à tous les compléments de Le justicier. Le Justicier dans la ville, Le justicier de New-York, Le justicier braque les dealers…

Le Justicier ne va pas s’ennuyer avec de la paperasse administrative. Il y va à coup de flingues et de barre de fer nettoyant la ville comme une entreprise de dératisation. Les films d’action sont un peu des films de nettoyage. Il a un magnum 475, un flingue fait pour remplacer un fusil dans la chasse au gros gibier. Le machin est un truc de dingo. Le film n’y va pas dans la finesse sur le scénario tant dans la matière de régler le problème que dans la description des méfaits. Des dommages aux biens et aux personnes comme on dit désormais de manière lisse sur BFM.

New-York puis Los Angeles

Cela se passe aux Etat-Unis of course, ils avaient du reste assez à faire à l’époque à New-York. La délinquance était un problème endémique dans la ville. Si vous aimez Los Angeles vous serez servi, le 2 et le 4 se passent là-bas, le 1, le 3 et le 5 à la ville à la pomme.

Les jeux d’acteurs, il n’y en a pas. Cela sonne faux à quasi chacune des scènes. Charles Bronson joue le bourru mais sans la classe d’un Robert Mitchum. Bien sûr gamin, j’avais adoré voir ces films. J’avais été surtout choqué par certaines images, notamment une domestique qui se fait violer et lécher les fesses. Dans les années 70 & 80, il y avait une certaine liberté d’images. Liberté disparue à regret, pas le viol.

Une femme par épisode

Le justicier reçoit son scénario comme sur un plateau. Il est architecte à la ville, détail que j’avais complètement oublié car cela n’apporte rien au film. Même pour jouer sa couverture, sa fausse vie, c’est faux. A chaque épisode une autre femme, une très jolie et aimante alors que lui à part être taciturne et fort en baston, il ressemble à une taupe aux paupières quasiment fermées. Chacune de ses femmes meurent, c’est dingue on croirait un veuf noir si le terme existe au masculin. C’est pour garder la flamme de la vengeance.

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Un scénario plus commun pour les derniers épisodes

On pourrait légitimement se poser la question, « mais que fait la police ? » Justement c’est un peu le sujet du film. Alors dans les premiers, la police le traque, la loi et l’ordre c’est elle. A mesure que les opus avancent, elle est plus coulante. Débordée ou acquiesçante, j’ignore. Il faut dire que le jojo est populaire et que chaque ville n’est pas loin de demander son justicier à elle. Vous l’aurez compris, il ne faut pas regarder ce genre de spectacle de manière trop sérieuse mais davantage comme un défouloir.

Death wish 1974 – Un justicier dans la ville

Si les trois premiers sont très imprégnés de la violence de rue, le quatrième et le cinquième traitent plus de la drogue et de violence conjugales respectivement. Rudolf Giuliani avait nettoyé New-York entre-temps. Le Justicier est multicarte, il règle ce type de problèmes aussi. Bon, dans les premiers il tirait à la mitrailleuse calibre 30, deuxième guerre mondiale, sur des loubards des rues. Dans les suivants, il y va de manière plus moderne, cela ressemble à des films de série B au mieux.

Si vous êtes tombé dedans quand vous étiez petit, vous regarderez cela en pensant aux bons souvenirs d’enfant, ce qui a été mon cas. Dans le cas contraire, si vous n’avez pas de souvenir, passez votre chemin, vous allez détester. Il reste toujours l’intérêt de voir des images des rues des années 70 ou 80, tournées d’époque sans décor reconstitué pour l’occasion. Il suffit d’un simple détail anodin pour m’attirer l’œil. New-York année 70 et 80, c’est Starsky et Hutch.

Si vous aimez les films dans la même veine, la désuétude, lisez nitre article sur Tonnerre de feu.

Victor

Victor, donc. J'aime partager mes impressions. Urbain mais assez sauvage au fond.

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