Me voici un samedi soir à devoir répondre à une envie d’huîtres. Tous commerces fermés, je vais m’épargner l’ouverture et pars en quête d’un restaurant de fruits de mer qui ne soit pas une grande Brasserie. J’ai une vision d’huîtres sèches, minuscules et chères dans une brasserie d’angle parisienne. Nos pérégrinations vont nous amener au Bar à Iode dans le 11e

On voulait aller chez Clamato

Un très bon chef cuisinier au fond de la Belgique, au croisement du Hainaut et des deux Brabants, lui-même spécialisé en fruits de mer m’a conseillé Clamato. Selon lui le meilleur restaurant de Paris dans le domaine. Vu le niveau du restaurant belge, je lui ai donné crédit et ainsi le nom de Clamato m’était resté en tête.

J’avais déjà regardé leur page web indiquant qu’il n’y avait pas de réservation. On chevauche la moto et nous voilà traversant Paris pour rejoindre la rue de Charonne dans le 11e arrondissement convaincu qu’on pourrait dîner, un samedi soir, juste après la nuit européennes des Musées, vers 22h. Malheureusement on s’est pris une porte. Une gentille porte mais une porte qu’en même. Ils n’acceptent pas les réservations en effet. Le service commence à 19h et c’est plein à 19h10. Ensuite tu laisses ton numéro et on te rappelle.

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Une envie d’huîtres qui ne faiblit pas

L’envie d’huîtres n’a pas cessé. Restez donc avec nous, l’histoire ne fait que commencer. Nos yeux se sont arrêtés sur Le Bar à Iode à 200 mètres de là. Il est à moitié vide, on est au milieu de la soirée. Dîner à 22h ce n’est plus vraiment l’heure. Ce n’est pas évident d’ouvrir un restaurant de fruits de mer, voire audacieux à l’heure du burger überalles in Paris. Pour la triste anecdote, le restaurant spécialisé en fruits de mer Place de Clichy, Chez Charcot a fermé. Nous y étions allés, cérémoniellement en famille, un peu à la manière du Grand Colbert. Chez Charcot a été remplacé par McDo. La fin d’une époque, dégringolade d’une culture.

Le menu du bistrot
Le menu du bistrot

Deux amis à une table, un couple à une autre. On a l’embarras du choix pour nous assoir. On a faim et le menu tient sur trois papiers Craft pincés sur une planche. Vraiment pas compliqué. Peu de plats cuisinés. Les fruits de mer c’est essentiellement du dressage. Une bouteille de Sancerre bien fraîche, les œnologues gueuleraient mais j’aime quand elle est glacée et qu’elle se réchauffe dans la bouche. Délicieuse, c’est Pierre Cherrier et fils domaine de la Rossignole. Une bonne sélection du Bar à Iode.

On enchaîne le tarama blanc, les anchois, les bulots et les huîtres, of course. Ce n’est pas de la grande cuisine ; comme je vous disais, du dressage essentiellement. Les deux serveurs Alexandre et Abraham s’occupent bien de nous. Comment connaissons-nous leur nom ? cela arrive.

Anchois marinés

Ambiance estivale en ce samedi soir

L’été est là et on se croirait dans un troquet sur le port. Le couple d’à côté boit bien. Lui surtout et il parle fort. On est presque contraint de suivre cette deuxième conversation. Il explique la vie à son alter ego qui boit ses paroles et pas que ses paroles. Ils en sont à deux bouteilles. On enclenche la conversation autant vous dire que j’ai vite compris qu’on allait faire la fermeture. Les échanges et autres palabres d’usage pour savoir qui fait quoi et ce qu’on pense, alcool aidant.

La fraîcheur de mon Sancerre condense mon verre. Quelle belle image à mes yeux et on commande du poulpe. L’euphorie s’installe avec spontanéité. L’euphorie est rarement non spontanée. Le Bar à Iode a l’atmosphère et l’esprit Singe-Urbain en quelque sorte.

Assiette de poulpes

On se commande même un dessert, un soufflé Grand-Marnier. Sans crédulité, ce n’est pas du fait maison. Un produit glacé, bon, dont Metro cash & carry doit avoir la recette. Le cuisinier Bangladais ferme sa cuisine et on échange trois mots en anglais. Cela nous permet de découvrir par la même occasion que les deux amies à l’autre table sont anglaises. Toute le monde se lève et bouge. On met de la musique et on baisse le rideau pour danser à 8, atmosphère bon enfant.

On s’embrasse, on échange nos numéros, le couple ne se connaissait que depuis deux heures. Pas si évident de s’envoyer trois bouteilles à deux pour un premier date Tinder. Une autre histoire.

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