Une poignée de braves types, gendarmes de leur état et tireurs d’élite par passion, vont réussir l’exploit d’un tir simultané pour déjouer une prise d’otages dans un bus scolaire d’enfants de militaires français. L’intervention est bien menée, certes avec des victimes, mais peu de victimes du côté des otages, qui aboutira à la création du GIGN.
Années 70, Djibouti
1976, Djibouti encore français est le théâtre d’une prise d’otages par des Somaliens désirant le rattachement du territoire à la Somalie. J’adore ces films qui se passent dans les années 70. Désormais pour plaire un film doit être crédible, reprendre les décors et les équipements de l’époque. Cela me rappelle un temps que je crois avoir connu, mais n’ai pas connu. 1976 mes parents étaient à peine mariés, je n’étais même pas un projet.
Un vieux bus, fauteuil en skaï aux couleurs de l’armée. On voit la recherche documentaire pour ambiancer la chose. Par contre, après une lecture détaillée de la prise d’otages, sur Wikipedia, finalement les arrangements avec les faits sont nombreux. Nombre de participants, déroulement de l’assaut. Ceci explique que les noms des protagonistes n’aient pas été repris.

L’intervention s’improvise
Bref, nos héros, Alban Lenoir & Michaël Abiteboul pour les acteurs principaux, prennent un avion de ligne, tranquilles, avec 3 collègues, habillés en jeans, cheveux longs. Ils auraient pu partir à Katmandou pour Hare Krishna, ils avaient la tenue, c’était l’époque. Ils ont l’air pro et d’avoir conscience de leur mission, tellement qu’ils se vannent – façon gros durs – et paraissent indisciplinés. Pourquoi les forces spéciales ont toujours le même humour ?
Dans un avion de ligne avec des valises métalliques de fusil longue portée, cela paraît peu crédible, mais on ne peut jurer de rien à cette époque. Une fois arrivés, les relations avec les légionnaires aux cheveux courts sont compliquées. Ils n’ont pas trop envie de perdre leur boulot et qu’on leur rappelle que si on ne fait pas appel à eux, c’est pour éviter un massacre. Le film ne s’attarde pas sur cela. Il faut dire qu’1h38 pour un film de guerre, c’est rapide, faut vite rentrer dans le vif du sujet. Un grand merci du reste au choix du scénariste, du producteur et du réalisateur de ne pas nous avoir offert les tractations à Paris, on se serait fait chier. Loin de l’action pour savoir si on y allait ou pas, qui il fallait convaincre, avec qui négocier. Certainement un autre film à faire. Dans tous les cas, dans celui-ci, cela nous aurait frustré, agacé. On voit deux fois Josiane Balasko qui a ce rôle et cela nous suffit.

Alban Lenoir à la manœuvre
Habitué aux films d’action, Alban Lenoir ne laisse pas de place à la discussion et cela lui va plutôt bien. Vous pouvez voir Balle perdue à ce propos.
Deux reconnaissances en crapahutant de nuit et les voilà sous le soleil, jonché au sol, fusil à lunette collé aux corps. J’imagine la tension sur place, même si depuis on a eu le réchauffement climatique et que la scène se passe en février, je pense que cela doit cogner en température la journée et les armes doivent brûler. Tout ceci en attendant un ordre de Paris qui ne viendra pas pour pouvoir engager le combat comme on dit. Bref, sable dans le jean, soleil dans la tronche… fusil à peine amélioré, 180m d’un bus et 30 gamins dedans pour planter le décor. Pas de grosses lunettes de visée ni de lunettes de soleil Okley façon Marines américains à Bagdad.
On en apprend sur la technique du tir groupé, merci pour l’information, je me suis pris pour un cadet de Westpoint.
L’intervention est un succès
L’opération va bien se passer – gardons à l’esprit que deux enfants vont mourir. Par contre, les Somaliens de l’autre côté ne vont pas vraiment apprécier d’être les cobayes des opérations militaires expérimentales. Ils vont engager le combat à la grosse mitrailleuse MG42, matos allemand de la Wehrmacht. Grosse baston bien tournée. Il y a toujours un soldat qui est différent des autres avec une gueule de méchant, même de loin vu simplement à la jumelle. L’histoire dira que c’est un agent du pacte de Varsovie, un agent des Soviétiques pour faire simple. Il va prendre cher lui aussi, cela lui apprendra à avoir une sale gueule ou un béret mal mis.
L’histoire se finit bien et aussi vite que l’assaut s’est déclenché. Le film n’a pas eu un grand succès. Je vous laisse juger si mes quelques mots vous ont donné envie de le voir.
Alban Lenoir s’abonne au film d’action, un autre à succès est Aka.