La Californie a eu Back to the Future. La France, elle, a C’était mieux demain. Dit comme ça, ça ressemble à une comparaison au vitriol, presque méprisante. Ce serait injuste. Cette comédie ne mérite pas qu’on lui fasse ce procès.
1h43 et on n’a pas vu le temps passer.
Le pitch, vite fait
Un couple de 1958, Hélène et Michel Dupuis, leurs deux enfants, un pavillon, une vie bien rangée. Et puis pouf, les voilà projetés en 2025. Le film est de Vinciane Millereau, sorti le 8 octobre 2025, avec Didier Bourdon et Elsa Zylberstein.
Au menu : contrastes et situations comiques. Et on n’y va pas avec le dos de la cuillère.
Le problème : la balance penche trop d’un côté
Bien entendu, la version 1958 est arriérée, patriarcale, rétrograde, et j’en passe. Pendant que celle de 2025 est moderne, ouverte, tournée vers l’avenir. C’est gros. Presque grossier, même s’il y a beaucoup de vrai dedans.
J’aurais préféré une critique acide des deux mondes. Parce que justement, le contraste fait apparaître nos débilités d’hier aussi bien que celles d’aujourd’hui. La belle occasion ratée. On aurait pu se moquer aussi de notre époque hyperconnectée, anxieuse, woke jusqu’à l’absurde, terrifiée par l’avenir tout en se croyant supérieure. À la place, on a un peu une démonstration. Une leçon. Dommage.
On y va franchement sur la place des hommes et celle des femmes. Fini les tradwives.

Bourdon et Zylberstein sauvent le bateau
Heureusement, les deux acteurs jouent très, très bien. Mention spéciale pour Elsa Zylberstein, qui campe la sotte qui s’émancipe avec une justesse impeccable. Et Didier Bourdon, qui passe du grincheux râleur au type dépressif, égaré, obsédé par le passé. Sa trajectoire est la plus intéressante du film. Il va vers un endroit qu’on n’attendait pas dans une comédie grand public.
Je suis un bébé des Inconnus, alors je suis un fan de Didier Bourdon, quoi qu’il fasse, et je suis très content qu’on le voie souvent dans les comédies du moment.
Il passe d’un monde à l’autre, une fois encore par un choc électrique. Je me souviens du film avec Mel Gibson, Ce que veulent les femmes, même mécanique dans sa version originale, qui fait passer un gros macho ignorant les pensées des femmes à celui qui comprend et entend tout ce qu’elles disent. J’avais adoré, au point de le voir trois fois au cinéma.
C’est aussi pour ça qu’on reste devant l’écran. Le scénario tape dans le cliché, mais les acteurs, eux, font le travail.

Faut-il aller voir C’était mieux demain ?
Oui. C’est une comédie familiale honnête, qui fait rire, qui ne dure pas trois plombes et qui a deux interprètes en grande forme. Ce n’est pas le grand film de l’année. Ce n’est pas une satire fine non plus. C’est une comédie de voyage temporel à la française, gentille, peut-être oubliée dans six mois mais on aura passé un bon moment à la regarder.
Si vous cherchez une critique vraiment méchante de notre époque, regardez plutôt Idiocracy dont je vous parlais récemment. Là, au moins, c’est sans pitié.
Fiche technique
| C’était mieux demain | |
|---|---|
| Réalisatrice | Vinciane Millereau |
| Scénario | Vinciane Millereau, Julien Lambroschini |
| Acteurs | Didier Bourdon, Elsa Zylberstein, Mathilde Le Borgne, Maxim Foster, Aurore Clément, Didier Flamand |
| Genre | Comédie |
| Durée | 1h43 |
| Pays | France, Belgique |
| Date de sortie | 8 octobre 2025 |
| Distribution | UGC Distribution |
| Box-office France | Près de 900 000 entrées |
| Notre avis | À voir 👍 |
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