Histoire fiction sur fond de Seconde Guerre mondiale. Suffisamment rare pour être souligné. À la manœuvre : Quentin Tarantino, Brad Pitt, Christoph Waltz, sans oublier Diane Kruger et la Française Mélanie Laurent. Une escouade de jeunes soldats américains et juifs vient en Europe pour se venger des atrocités nazies. Pour accomplir une tâche aussi essentielle que peu glorieuse, d’où le titre Inglourious Basterds. Leur mission est de traquer des nazis et de les scalper comme auraient pu le faire les Apaches, Sioux et autres Cheyennes. On mélange les styles et cela rend quelque chose de sympathique à regarder. Le film a également des aspects artistiques bien marqués, j’y reviendrai après.
En effet, le film dure 2h30, ce qui laisse le temps pour de longs plans. Je ne vous cite que la scène du strudel. On ne voit plus ce type de scène dans les films d’1h30. Inglourious Basterds se permet cela. Pour éviter que le spectateur cherche la scène, Mélanie Laurent et Christoph Waltz sont dans une scène d’entretien, version interrogatoire poli, et s’extasient sur le célèbre gâteau allemand aux pommes. Plusieurs plans rien que pour le gâteau. En plus de donner envie, cela ancre la scène dans le présent et ralentit le temps. D’autant plus que la scène est stratégique et angoissante.

Hans Landa, chef des services secrets, est celui qui comprend les situations et obtient des aveux avec une grande technique. Pervers, implacable, insensible, cruel. Si on oubliait deux secondes les victimes et les réalisations de la barbarie nazie, on ne pourrait que s’extasier devant ce personnage.
Brad Pitt (Aldo Raine) passe presque pour un second rôle. Dans Inglourious Basterds, il joue le rôle du héros, celui qui venge. Il a l’aura du héros, mais pas la finesse de l’Allemand. Notamment dans le face à face final. On a l’américain qui prétend parler italien en ne connaissant que deux mots défoncés par un accent américain façon « Redneck » forcé. Face à cela, la parfaite maîtrise de l’Italien par l’officier allemand.
Si vous n’avez pas ouvert de livres d’histoire ou vu un reportage sur la période depuis votre terminale, la grande histoire n’a pas eu lieu comme dans Inglourious Basterds. Le film est néanmoins inspiré de faits réels. Le triste destin funeste a bien eu lieu avec au bas mot 100 millions de morts, dont 6 de juifs.
Le temps d’un film, Inglourious Basterds, on se laisse tenter par le rêve de voir 400 dignitaires nazis réunis dans une petite salle de cinéma parisienne tenue par une juive cachée. Elle est par ailleurs la survivante et l’orpheline d’une famille décimée par un groupe de SS sur ordre de Hans Landa.
Tout ce parterre d’huiles nazies, Hitler, Goering et Goebbels inclus, allumés comme des torches par des bobines de films extrêmement inflammables. Ceci est vrai, elles étaient faites de celluloïd, un matériau qui n’est plus utilisé dans l’industrie. Ce matériau complètement abandonné, sauf par quelques collectionneurs de stylos-plumes et nostalgiques des premiers stylos en couleur que le celluloïd permettait. Au passage, si vous aimez les stylos-plumes réalisé en celluloïd, je vous suggère la marque Armando Simoni Club.
Bref, si vous avez fait l’expérience, enfant, d’allumer une balle de ping-pong, vous savez qu’elle brûle vite. Inutile de reproduire l’expérience : elles ne sont plus fabriquées dans ce matériau.
Ce film hollywoodien a un happy end, of course. Inglourious Basterds voulait finir sur une note glorieuse, jeu de mot facile. Hans Landa finit protégé par le gouvernement américain car il aurait laissé l’attentat se produire, Hallelujah ! L’attentat et la disparition des dirigeants nazis permettant l’arrêt de la guerre. Usage du conditionnel requis.
Ce film contrairement à la bande annonce n’est pas vraiment un film d’action. Les meilleures scènes sont des scènes de dialogue, des scènes longues, il y en a au moins trois. Ce n’est pas une tromperie sur la marchandise car Inglourious Basterds est un très bon film. Pour un bon film d’action sur la deuxième guerre mondiale, je vous suggère Blood & gold.

Allez, je sais qu’un deuxième petit trailer fait du bien.
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