SAS Rogue Heroes : quand des boy-scouts inventent la guerre moderne

Les commandos du SAS dans le désert d Afrique du Nord série Rogue Heroes

L’avenir d’une guerre mondiale entre les mains de quelques boy-scouts convertis en groupe commando. Des Irlandais, des Anglais, parfois repris de justice, ingérables, parfois juste fougueux et insatiables. À leur tête, un fils bien né, David Stirling, qui va mettre le pied dans la porte des hauts gradés pour une mission à haut risque. Un vrai noble épris de courage, d’un patriotisme sans borne et d’une conscience de l’Histoire sans égal.

L’idée est simple

Attaquer l’ennemi quand il ne s’y attend pas. Attaquer les bases ennemies quand les avions sont au sol. Une forme de guerre moderne qui commence en 1941 en Afrique du Nord, alors que l’Allemagne nazie et les Panzer des Afrika Korps règnent en quasi-maîtres sur la zone.

Cette série est l’histoire de la création du SAS — Special Air Service — car au départ, il va s’agir de détruire les avions au sol. La série contient deux saisons mais vu la chronologie de l’Histoire, il reste suffisamment d’épisodes de la Seconde Guerre mondiale pour fournir plusieurs saisons. Une troisième a d’ailleurs été confirmée par la BBC.

Des soldats d’un nouveau type

Les succès du SAS sont massifs, répétés et décisifs, ce qui leur vaut une réputation folle chez l’ennemi et une reconnaissance par la hiérarchie anglaise. Il faut dire que ces soldats d’un nouveau type pour l’époque n’ont pas froid aux yeux. Leurs pertes sont importantes et leurs manières peu conventionnelles de faire la guerre jouent en leur faveur. Souvent. Il ne faut pas oublier que pendant une durée non négligeable, l’Angleterre a été seule à se battre, ou presque, contre un ennemi nazi réputé invincible, notamment en 1941. Comprendre que pour survivre, les soldats alliés ne devaient pas faire de quartier.

Le Caire, 1941

Bien entendu, le décor et le contexte du Caire 1941, haut lieu de jeu des services secrets anglais et français, rajoute un intérêt à la série. Même si j’ajouterais volontiers que les deux premiers épisodes sont particulièrement ennuyeux. Trop de politique, trop de choses compliquées qui pourraient vous faire abandonner. Restez, cela en vaut la peine. La moiteur du Caire est annonciatrice de la sueur de l’action qui va arriver.

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À qui s’adresse la série

Les amateurs de contenus historiques recherchés seront comblés, les amateurs de romance le seront aussi car il y a une belle et métissée liaison amoureuse entre Eve Mansour, l’Algéro-française des services secrets — interprétée par Sofia Boutella — et David Stirling, l’aristocrate militaire anglais. Les amateurs d’action et de coup de force seront aux anges. On retrouve cette énergie du Siège de Jadotville, une poignée de soldats contre une armée, l’improbable comme stratégie de survie. Et pour les collectionneurs, ceux qui aiment prolonger la série au-delà de l’écran, les figurines militaires anglaises 1/6 de la Seconde Guerre mondiale donnent une idée du niveau de détail que cette époque inspire encore.

Sofia Boutella dans le rôle d Eve Mansour série SAS Rogue Heroes

La série est écrite par Steven Knight, le créateur de Peaky Blinders. Ce n’est pas un détail. On retrouve cette même manière de rendre attachants des personnages qui, sur le papier, devraient nous effrayer. Connor Swindells incarne David Stirling avec une noblesse tranquille. Jack O’Connell est parfait en Paddy Mayne. Irlandais incontrôlable, le genre de type qu’on est content d’avoir dans son camp et terrifié de croiser dans l’autre.

Affiche SAS Rogue Heroes avec Paddy Mayne David Stirling et Jock Lewes

Le vrai David Stirling

Ce qui rend la série encore plus forte, c’est que le vrai Stirling était au moins aussi dingue que sa version fictionnelle. Capturé en janvier 1943 par les Allemands lors d’un raid en Tunisie, il tente de s’évader quatre fois. Quatre. Les Allemands, qui le surnommaient « le commandant fantôme », finissent par l’enfermer dans la forteresse de Colditz — la prison dont personne ne s’échappe. Il n’en sortira qu’en 1945. Entre-temps, c’est Paddy Mayne qui prend les rênes du SAS. L’Histoire rejoint la série, la série ne fait que gratter la surface. On pense à Inglourious Basterds et ses commandos de l’ombre, sauf qu’ici, personne n’a eu besoin d’inventer quoi que ce soit.

David Stirling et Jock Lewes en uniforme dans SAS Rogue Heroes

Notre avis

Deux saisons, douze épisodes. C’est du lourd. Pas le lourd qui pèse, le lourd qui compte. Le genre de série qu’on regarde en se disant que ces types-là ont existé, que la réalité a dépassé la fiction et que la fiction, pour une fois, n’a pas eu besoin d’en rajouter beaucoup. La série montre des hommes, pas des statues. On l’a vu sur Canal+.

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