Lors du discours sur l’État de l’union, la Constitution américaine prévoit qu’un élu le « Designated Survivor » soit protégé et séparé des autres si une catastrophe devait advenir et tous les élus disparaître. C’est bien sûr ce qui va se produire pour aboutir à 3 saisons, 2 produites par HBO et la troisième par Netflix.
Kiefer Sutherland dans le rôle du Designated survivor
Kiefer Sutherland alias Jack Bauer va donc être le Designated Survivor et devenir Président des Etats-Unis d’Amérique alors qu’il est un sous-secrétaire d’état proche de la porte de sortie. Autant dire que pour lui au départ, il va passer pour un passager clandestin, illégitime dans la tâche. Étrange que la Constitution n’ait pas prévu de sauvegarder le vice-président. Cela doit dater d’un moment où les écrans et la fibre optique n’existaient pas.
3 ou 4 épisodes pour planter le décor et les personnages nombreux, ambiance House of Cards. On voit le détail et le soin apportés à tant de petites choses. Les dialogues et les situations sont recherchées. Les micro histoires s’enchaînent comme dans les cabinets présidentiels du monde entier j’imagine. Cette construction d’une série est le vestige d’un temps où les séries passaient à la TV et où on ne les consommait pas au kilomètre. Deux épisodes par semaine. Cela se ressent.

Un scenario en deux phases
L’enquête sur la conspiration finit par aboutir, on sait qui a fait péter le congrès. Il aura fallu 15 ou 20 épisodes. Une fois cette enquête finie, on se retrouve avec un certain train-train de la présidence qui manque un peu d’une deuxième idée au scenario.
On a beaucoup de personnages, de l’entrepreneur génial à la politicienne hyper expérimentée. Les adversaires retors, les militaires intraitables. On se demande de quel bord il est ce brave Tom Kirkman (nom du Président dans la série) mais entre les Républicains jusqu’au boutistes et les Démocrates dogmatiques ou rêveurs, on finit par comprendre que la production a choisi les Indépendants. Moyen de ne pas perdre d’audience. Une forme de centrisme, pas mou du tout. Le Président présenté presque comme un mollusque sans personnalité va vite prendre le poste à sa juste mesure sous un jour bien différent. Ce sont des moments intéressants de la série.
Netflix pour la saison 3
On se laisse porter. Certes à la saison 2, le Designated Survivor Président règle à chaque épisode un problème important avec tact et efficacité. Notamment, quand il s’agit du combat, il demande vite à régler les choses par la force et dans la séance d’après il se retrouve sur le lit de sa fille à lui lire une histoire. On frôle le grotesque sans vraiment le regretter. Cependant, il manque un deuxième souffle.
Souffle coupé par la saison 3 reprise par Netflix qui divise par deux le nombre d’épisodes puis supprime des rôles et des personnages annexes. J’imagine par souci d’économie. On perd le sel d’une série, tout son univers annexes, les histoires transverses et moins importantes. Histoires qui étayent une ambiance. Malheureusement, entre l’absence d’une deuxième idée et le productivisme de Netflix, la série s’en est terminée.
Il n’en demeure pas moins que certaines scènes sont prémonitoires, une épidémie. On est en 2016-2017 trois ans avant le covid19.
