C’est pas bien de mentir. En matière de justice pénale c’est souvent contre-productif. Une fois n’est pas coutume, je commence par la fin. La fin d’une affaire criminelle espagnole, Barcelonaise de 2017 dans laquelle la pauvre victime, le mari, qui d’une certaine manière est l’amant, se retrouve Dévoré par les flammes allumées par un autre amant. Ambiance.
Dévoré par les flammes n’est pas un documentaire, pour ceux qui voudrait déjà partir, mais un film inspiré de faits réels. Suffisamment inspiré pour que les noms des protagonistes aient été repris à l’identique. Inspiré est une précaution d’usage puisque Netflix, solvable, n’a pas vraiment envie de se prendre encore un xième procès par des accusés, désormais coupables, qui à défaut de liberté voudraient faire du fric. D’autant qu’ils ont leur après-midi de libres jusqu’en 2042.
Vous n’y comprenez encore rien. L’histoire est celle du mari, de l’amant et du deuxième amant. C’est gratiné, la dame est généreuse en amour, alors qu’on dirait une mouche morte. Le mari découvre l’infidélité de sa femme – au travers de la série, il passe pour le mec normal – il la quitte. Cela se passe un soir de Noël, c’est toujours plus classe de choisir ce jour-là. Les enfants vous remercieront plus tard.
La femme délaissée ne se remet pas avec l’avant démasqué avec lequel la flamme brûle, ce qui est une deuxième interprétation du titre. Elle préfère un nouveau petit ami, cassant son mariage. Le bon vieux Pedro impulsif qui va mal finir. Impulsif, c’est ainsi que cette série en huit épisodes le montre. J’imagine que Netflix a voulu être fidèle au dossier. C’est lui la victime. Au passage, tout le petit monde est flic, la femme, l’ex-mari et les deux amants.
Rosa (la femme) interprétée par Úrsula Corberó de Casa de Papel, joue la veuve éplorée à la perfection. Elle aussi est dévorée par les flammes de l’amour. On a besoin d’un scénario très bien enchevêtré entre le passé et le présent pour comprendre son double jeu. Le choix narratif du scénario est de loin le plus de cette série. La réalisation est parfaite et les multiples flashbacks rendent l’histoire intéressante sans connaître le fait divers au départ. Elle est aussi intéressante pour ceux qui au contraire connaissent toute l’histoire.

D’ailleurs c’est mieux ainsi que si Dévoré par les flammes avait été un documentaire avec une succession d’illustrations jouées avec des voix off et des interviews des protagonistes. D’autant que comme l’amant et la femme ont écopé de 25 ans, ils auraient eu du mal à témoigner. L’auteur se permet ainsi de rentrer dans les commissariats, d’expliquer les motivations des auteurs, de comprendre les interrogatoires. On comprend leur relation et les pièges dans lesquels ils se sont mis.
Bien entendu, on entend les « salope » et autre « allumeuse » dans un pays machiste, l’Espagne, alors qu’elle est juste très lâche de ne pas avoir su affronter des séparations.
L’inspectrice en chef est brillantissime. C’est par elle que toute l’enquête sort. Elle ne doute pas de la culpabilité mais du déterminisme de cette femme sexy, sensuelle faible à accumuler les histoires pour se retrouver dans des situations difficiles et à nager dans le mensonge en permanence. Jamais le mot lâcheté n’est prononcé dans Dévoré par les flammes.
La série est espagnole et en VO, de nombreux passages sont en Catalan. Pour l’anecdote, j’ai pris cela pour un mélange d’Espagnol et de Brésilien. Pittoresque j’oserais. Dernière chose que je n’ai pas réussi à placer avant : « Putain ! entre leurs bagnoles, leurs uniformes, leurs métiers, leurs baraques et la douce météo, ils avaient de quoi profiter de la vie sans avoir à brûler un pauvre malheureux dans le coffre de sa Golf.