Difficile de passer à côté du nouvel album d’Astérix, L’Iris Blanc. On te met des affiches géantes sur l’autoroute, des piles d’albums dans les librairies et les supermarchés. Je crois que c’est l’indicateur ultime de popularité quand un produit culturel se retrouve dans les supermarchés. C’est bien d’être populaire, cela crée des références communes, on en manque. Les chaînes de TV se comptent par milliers ou par millions, chacun vit sa vie culturelle à côté de celle de l’autre.
Il s’agit du premier album écrit par Fabcaro. Didier Conrad reprend le dessin d’Uderzo pour coller parfaitement au créateur. C’est parfait !

À Rome, la grande tendance est à la pensée positive et zen. Un petit côté hipsters, bobo, monde des Bisounours, ou bien, au nom de la non-violence, on se censure pour tout, à commencer par les mots. On n’exprime rien, on devient des caricatures pour qui nous voit de l’extérieur. Cela nous rappelle un peu le monde d’aujourd’hui. C’est normal, Astérix vit à peu près 2000 ans derrière nous. Ses auteurs ont voulu puiser dans le monde actuel pour rendre les choses drôles.
Le médecin-chef des armées de Jules César, excusez du peu, Vicévertus, le bien nommé comme toujours dans Astérix, essaie par la ruse de semer le désordre dans le village gaulois. Comment ? En incarnant le rôle d’un chef hippie, presque un gourou, adepte de la non-violence, à commencer par la communication non violente. L’iris est le symbole de cette tendance à Rome et à Lutèce, une pensée positive de paix. La citation « Pour éclairer la forêt, la floraison d’un seul iris suffit » en est le crédo.
Une nouvelle aventure au village gaulois
Comme toujours, les Romains et Jules César vont fomenter un coup pour faire rompre le village d’irréductibles Gaulois. Non par la force, mais par la douceur. Vicévertus parvient à ses fins dans un premier temps. Le contraste est grand pour des Gaulois bourrins et brailleurs qui se mettent à parler de manière poétique et à se faire des câlins. Bien entendu, Astérix, bien ancré au sol, voit tout de suite que quelque chose cloche… Nos deux comparses vont partir en expédition hors du village pour déjouer ces plans tout en distribuant des raclées à des Romains campés sur leurs positions.
La grande force de ce nouvel album réside dans les dialogues et les situations. La cible, cette fois, outre les Romains qui prennent des coups, le politiquement correct. On a presque pitié des Romains, pas du tout du politiquement correct qui est bien étrillé. On y retrouve entre autres les trottinettes, les grèves et les avaries des chars à grande vitesse, autrement dit la SNCF et la nouvelle cuisine.
Rassurez-vous, Obélix ne deviendra pas végan !
| Titre original | Quaderni ucraini |
| Scenario | Fabcaro |
| Dessin | Didier Conrad |
| Editeur | Albert René – Hachette |
| ISBN | 978-2-0140-0133-4 |
| EAN | 9782014001334 |
| Nombre de pages | 48 pages |
| Date de parution | Octobre 2023 |

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