Le film La Secrétaire (Secretary en anglais) raconte l’histoire d’une jeune fille perdue, qui vit dans l’ennui le plus total, frôlant la médiocrité. Une famille pathétique, presque des cassos, dysfonctionnels comme on dirait. Un petit ami, immature, frêle. Elle se mutile, histoire d’avoir un peu de plaisir, physique, sexuel. Cette violence physique, c’est son référent sexuel, sa masturbation a elle.
Un jour, elle tombe sur une offre d’emploi pour un travail de secrétaire. Elle est dactylo, une très bonne dactylo. Elle arrive chez son potentiel employeur, un avocat, solitaire, torturé, sociopathe. Désuet, il refuse les ordinateurs, on est en 2002 pour info. Il lui offre un métier simple, sans ambition, il dénigre le poste. Là commence leur petit jeu, sado maso, sexuel. Il va lui mettre des obstacles, délicieux obstacles. Il va lui faire refaire et refaire encore des courriers à la machine, d’où l’absence d’ordinateurs dont je parlais avant.

Elle a besoin de ce job pour s’exfiltrer de sa famille. Elle a besoin de grandir, elle accepte. De soumise, elle devient protagoniste. Elle excelle. On est loin de Disclosure, un film sur le harcèlement au travail. Une histoire malsaine et finalement plus juridique que sexuelle. Dans Secretary, on est dans le sexuel, le désir, l’excitation. Et c’est bon, surtout quand ils sont distants. Ce petit jeu laisse la part belle à un incendie cérébral de désir. Les scènes de masturbation, une pour chacun, sont très bien interprétées.
Une secrétaire et un plaisir coupable
Le désir peut-il naître de la souffrance et l’amour de la violence ? La tendresse peut-elle être étrangère à une relation amoureuse ? Ce sont des questions rhétoriques, la réponse est évidente. Ce quasi-huis clos à deux en donne un bel exemple. Tourmentés, maniaques, masochistes ils sont. Ils tracent néanmoins leur histoire, leur chemin du désir, un désir animal. Adulte.
Finalement, La Secrétaire est un bon film pour adulte. Ni dans l’avilissement, ni dans la répression des sentiments. Malheureusement, je viens de voir l’affiche, très torride elle aussi, mais ce n’est pas une scène du film. Un happy end, une grève de la faim… il reste des choses à voir, même si je viens de vous en dévoiler pas mal.
Le film est disponible en VOD et sur MUBI, une plateforme de streaming qui met en avant la qualité de son catalogue de films. On y retrouve des grands classiques comme Le Parrain, 2001: l’Odyssée de l’espace, Apocalypse Now, Les Septs Samouraïs, Pulp Fiction, Citizen Kane. Allez y jeter un œil !
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