Madame Figaro a publié un article en février dernier sur une et même plusieurs études portant sur le sexratio dans les universités américaines. Comment le sexratio extrêmement défavorable aux hommes, les amène à dicter leurs règles en termes de sexe et de relations intimes. Pour faire simple, les garçons, beaucoup moins nombreux, ont l’embarras du choix et préfèrent multiplier les relations et se goinfrer. Les filles beaucoup plus nombreuses, qui aimeraient des relations sentimentales continues, des relations sexuelles monogames, n’ont pas le choix. La loi du nombre inversée, c’est la minorité qui dicte son choix, des hommes partagés entre plusieurs femmes.
Les Américains qui aiment bien créer des termes spécifiques appellent cela la hookup culture. Des relations sans attachement. Ceci est peut-être amplifié par les applis de rencontre qui industrialisent les rencontres et les banalisent finalement. En les banalisant, on les déprécie.
Depuis les années 80, le nombre d’hommes dans les universités américaines n’a cessé de diminuer. Les hommes sont moins matures et travaillent moins bien scolairement, c’est une généralité, et je le dis volontiers que je suis un homme. Les règles des débats actuels font qu’on a plus le droit de critiquer ses pairs. C’est débile mais c’est ainsi.
Certaines universités ont donc 62% de filles. On est loin de l‘entrée des filles dans les lycées français comme dans l’excellente série Mixte. Les universités encouragent même, plus ou moins secrètement, à sélectionner des garçons ou à créer des équipes de sport universitaires. C’est paradoxal car pendant des années, elles ont tout fait pour féminiser les universités et favoriser la parité. Une parité bien dépassée aujourd’hui. Ces relations qui en restent au premier stade serait un effet boomerang du féminisme.
Ce qui est triste et déplorable, c’est que ces filles intelligentes et bien formées se retrouvent malgré elles en pénurie de vie sociale. On imagine aisément les rivalités et autres surenchères qu’un tel sexratio peut produire au quotidien. Au-delà, cela ne peut que laisser des séquelles relationnelles tant chez les filles que chez les garçons. Une estime de soi anéantie à un âge où c’est encore plus important qu’à d’autres moments de la vie.
Ironie ou cynisme des choses quand je parlais de loi du nombre inversée, c’est la minorité qui dicte ses modalités de relations hétérosexuelles quand la minorité devient rareté. L’article de Madame Figaro de citer qu’à d’autres périodes de l’histoire, notamment la conquête de l’ouest américain, les femmes alors minoritaires ont exigé des relations monogames et un engagement parental des hommes.
Les études montrent que les universités majoritairement masculines sont majoritairement monogames c’est le cas dans les universités de la tech par exemple. La situation est à l’opposé quand les hommes se retrouvent à 40% de l’effectif et où des hommes partagés entre plusieurs femmes n’ont pas de relations continues. Les Américains appellent cela le situationship en opposition à relationship. On change souvent de partenaire, on ne sait pas vraiment dire avec qui on est.
Malheureusement je pense qu’on peut dire les choses ainsi : Si tu es une fille et veux te marier, fais de la tech. Si tu es un garçon et veux vivre la bagatelle, fais de la psychologie à Bard College. Pour les femmes ce déséquilibre se retrouve quand elles commencent leur vie active. 134 femmes diplômées pour 100 hommes. Comment peut-on faire face à une telle situation ? Transformer les hommes en gigolo ?
Imposer des quotas ? Cela revient à dire que les filles brillantes vont perdre leur droit à l’université au profit de garçons moins brillants. What the f*** ? Encourager les filles à faire leur vie avec des hommes moins diplômés qu’elles ? Rien ne s’y oppose et la vie peut-être heureuse ainsi. Il semble que les filles américaines de ces universités ne le veulent pas.
D’autres solutions plus audacieuses, voire carrément plus révolutionnaires sont possibles. Notamment pour accroître la maturité des garçons en décalant d’un an leur entrée à l’école. De nombreuses études le suggèrent. Je ne sais pas ce qu’elles valent. Je pense néanmoins que c’est là qu’il faut agir. Quand on voit les modèles masculins dans les clips de rap ou dans les jeux vidéos, je ne m’étonne pas du retard et des schémas désuets que les petits garçons prennent comme modèles. On est loin de l’érudit plongé dans les livres.
En France aussi, les universités ont tendance à se féminiser mais la tendance est moins importante. Je pense qu’on a tout pour que cette situation s’aggrave et devienne similaire à celle des Etats-Unis. Cependant, en France, les couples dans lesquels la femme est plus diplômée que l’homme sont beaucoup plus nombreux et acceptés.
L’article intégral de Madame Figaro et sinon, vous pouvez retrouver un autre article sur la question des femmes, cette fois encore plus grave l’empoisonnement des jeunes écolières en Iran.