22 août 2026
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Héroïque : voir La Bataille de Gaulle

Simon Abkarian incarne Charles de Gaulle en uniforme dans le désert nord-africain, La Bataille de Gaulle

Il faut commencer par l’obstacle : La Bataille de Gaulle dure plus de cinq heures.

Heureusement, le réalisateur Antonin Baudry a eu la délicatesse de couper l’affaire en deux films : L’Âge de fer et J’écris ton nom.

Et contre toute attente, le public suit.

Le film a coûté 70 M€. Il est principalement financé par Pathé Films. Le démarrage a fait craindre un accident industriel. Mais le premier volet a bénéficié d’un bouche-à-oreille spectaculaire. Le second film en a profité à son tour. Sa sortie avait été avancée pour coïncider avec la Fête du Cinéma.

Affiche du film La Bataille de Gaulle, croix de Lorraine posée sur une carte au coucher du soleil
L’affiche du diptyque La Bataille de Gaulle, réalisé par Antonin Baudry

Un genre que le cinéma français boude

La Bataille de Gaulle appartient à une catégorie rare en France : la grande fresque historique populaire. Ambitieuse, spectaculaire, elle raconte l’Histoire avec un grand H, sans complexe.

Le genre a pourtant été dominé ces dernières années par les productions anglo-saxonnes ou allemandes :

La Bataille de Gaulle prouve que le cinéma français peut, lui aussi, viser ce niveau de spectacle. Avec sa propre histoire, sans en emprunter une autre.

Simon Abkarian, un Général sans marionnette

Au centre, évidemment, Charles de Gaulle. Simon Abkarian réussit un exercice presque impossible : incarner un homme dont chacun connaît la silhouette, la voix et les tics, sans jamais transformer son personnage en marionnette des Guignols.

Son de Gaulle est monumental parce qu’il passe son temps à lutter pour le rester.

Une France qui hésite, résiste et se déchire

Autour de lui défile une France qui hésite, résiste, collabore, se déchire et finit par se reconstruire. Churchill, Roosevelt, Jean Moulin, Leclerc, Giraud : Baudry assume le grand livre d’histoire illustré, parfois au risque d’un certain académisme.

Le deuxième volet élargit encore le récit, de la Résistance à l’Afrique du Nord jusqu’à la Libération. Il rappelle surtout une chose que notre mémoire collective simplifie souvent : la victoire militaire contre l’Allemagne nazie fut aussi, pour de Gaulle, une bataille politique permanente. Il fallait que la France puisse s’asseoir à la table des vainqueurs, et non passer sous une hypothétique administration américaine.

Ce que le film dit de notre époque

C’est probablement là que le film résonne le plus aujourd’hui. Pas parce qu’il faudrait chercher un commentaire sur notre époque derrière chaque discours du Général. Mais parce que le film remet au centre une idée devenue presque exotique : un dirigeant politique peut avoir une certaine conception de son pays, et accepter des risques considérables pour la défendre.

On peut trouver le personnage démesuré, autoritaire, irritant. Le film ne cherche d’ailleurs pas toujours à le rendre sympathique.

Notre avis

La politique se mesure parfois à la prochaine notification, de nos jours. Passer cinq heures avec quelqu’un qui raisonne à l’échelle de l’Histoire produit un curieux effet.

Ça change.

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