Il plaît aux jeunes, visiblement un succès, et pourtant il reprend les codes des années 50 de notre bon vieux Bond, James Bond. On aime le folklore anglais, of course. Tous ces trucs surlignés pour montrer qu’ils ne sont pas américains et que ce n’est pas un film d’action américain. Le costard sur mesure, bespoke comme on dit désormais. Les dry martinis et autres cognacs pluri décennaux. Kingsman c’est tout cela.
Rituel british
Il y a un rituel initiatique pour sélectionner les membres, des agents, des super héros d’un autre type, des doubles 0. Appelez cela comme vous voulez.
Y-a-t-il une histoire ? Comment répondre à cela, c’est toujours le même scénario. Un mec mégalo dont la fortune équivaut à celle du PIB d’un état Africain voire celle d’un continent pour les besoins du film, décide pour occuper ses journées de changer le monde.
Dans les James Bond on avait plutôt le spectre de la guerre nucléaire, époque oblige, d’ailleurs ils l’appelaient Spectre, la multinationale du crime. Cette fois c’est plutôt la domination de l’homme. Le progrès technique n’ayant plus de limite, on fantasme à imaginer un monde au-delà de l’humanité grâce à la technique. Ce n’est presque pas un fantasme quand on connaît le monde d’aujourd’hui ou celui qu’on distingue avec les informations qu’on a.
Les méchants mégalos de J.Bond
L’idée du premier Opus de Kingsman est une puce intégrée dans le cou et le cerveau des gens. Cette puce peut les rendre violents et enclin à de grosses bastons. Version baston de zombies dans les films de Tarantino. C’est en ce sens que Kingsman se distingue de Bond pour ces exubérances à tout craindre que les jeunes adorent. On m’a presque forcé à le voir pour valider le « chef d’œuvre ». Ils n’ont pas la patience de comprendre que les cultes s’imposent dans la lenteur.
Il y a aussi le héros à la casquette retournée au début du film, je force à peine le trait. Sorti d’un cloaque tout aussi british que crade. Outre personnage principal, il va devenir le personnage instruit, intelligent, façonné par l’agence dès qu’il met le costume. Il devient le Kingsman. Il est invincible, of course, surtout lors du finish dans la base géante à se battre seul contre des centaines de soldats en blanc. Des clonetroopers volés à Star Wars, sans vergogne. Cela reprend les codes, l’esthétique, les déplacements, les armes. La jeune génération veut aussi avoir son James Bond qui appartient plus à mes parents qu’à notre génération.
On me forcera certainement à voir Kingsman 2. Le premier date de 2015 même si je regrette le pire car les personnages récurrents et fondateurs, j’oserais emblématiques, durant une heure sont déjà disparus.
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