Forbes a publié son classement en décembre 2023 des plus belles villes du monde. Malaga arrive en tête et Paris arrive en 41e position. Après Malaga il y a Alicante, Valence, Ras Al Khaimah, Abu Dhabi, Madrid… Les journalistes doivent être mariés avec des Espagnols. Un marronnier pour Forbes ou le moyen pour les banquiers d’affaires de savoir s’ils peuvent accepter leur mutation dans telle ville ou telle autre du monde. On peut bien vivre à Paris même si Forbes arrive à la conclusion que Paris n’est plus la plus belle ville du monde.
Forbes une référence et un classement récurrent
Forbes est sérieux. Ils se sont basés sur 55 critères pour mener cette étude. Si discussion il y a, cela devrait porter sur ces critères. Nous allons donc, plutôt que de parler de ceux-ci, parler de la vie à Paris que nous connaissons pour y vivre et pour la traverser souvent.
On ne va pas vous dire que c’est n’importe quoi ce classement. Parler de Paris avec amour c’est l’arbre sur lequel est perché le Singe-Urbain. Paris est diverse. Du Romantisme de Montmartre, ce que souligne Forbes à la quiétude du 7e arrondissement qui est devenu l’arrondissement des Américains en passant par la Porte de la Chapelle, ce que Forbes a dû faire visiblement, où j’ai l’impression de voir le quart monde. Des crackmans perdus sur les terrains ou l’humanité s’arrête. En pleine nuit avec les camions de police, à la Porte de la Chapelle, c’est certain, Paris n’est plus la plus belle ville du monde.
La ville des contrastes
Des restaurants étoilés à 500 euros par tête, la Tour d’Argent vient d’être refaite, à l’invasion de Paris par les rats. C’est une mégapole pleine de contrastes et de contradictions. Du défonçage de la ville pour les jeux olympiques qui vont durer un mois et que les Parisiens n’ont pas choisi aux travaux de reconstruction de Notre Dame que tout le monde souhaitait.
Paris regorge de choses qu’on nous envie. Des spectacles nombreux et incroyables inspirés de toutes les régions et des artistes du monde entier mais qui sont vus davantage par des élites parisiennes et des touristes que par le reste des Français. Paris divorcée de la France qui se referme sur elle-même. Beaucoup de ses habitants quittent la ville pour une meilleure qualité.
Paris n’est plus la plus belle ville du monde ?
Il faut gagner un paquet de fric pour vivre bien ici désormais. J’habite le même quartier dans lequel mes arrière-grands-parents ont immigré. Ma famille n’y est pas restée, j’y suis revenu. Il n’y a plus de petits artisans ou d’ouvriers.
Les loyers des restaurants ont fait qu’on ne dîne plus à deux entre amoureux pour moins de 100 euros sauf face à deux burgers. Paris s’est gentrifié jusqu’au paroxysme. Il reste les monuments qui sont à la fois fabuleux et bien entretenus. La conservation est magnifique. J’adore faire le tour de la ville en moto tôt le matin, l’été. Une beauté qui semble être inaltérable pour ne pas dire éternelle.
Quand le jour de la rentrée revient, c’est le ciment de la circulation qui couvre les rues et les boulevards apportant avec lui son lot d’incivilités.
On a voulu supprimer la voiture avant même d’avoir inventer la télétransportation. Paris est devenu un écrin. C’est un véritable aimant à touristes de tous horizons sans accroître sa surface au sol sous terre ou en l’air. Sans transférer des administrations entières dans d’autres villes.
A l’heure de l’administration numérique, on pourrait déplacer ces ministères. Le ministère de la Pêche ou de la Mer à Rennes ou à Brest. Le ministère des Affaires européennes à Strasbourg. Cela contribuerait à libérer, un peu, la ville. Paris a besoin d’un nouveau souffle ce que Forbes n’a pas vu ou pas écrit.
Paris a besoin de changements révolutionnaires pour que l’éternité demeure et qu’on ne puisse plus dire que Paris n’est plus la plus belle ville du monde.