Une fois encore nos amis Canadiens écorchent la bien-pensance, les yakafokon de la famille parfaite, pas aussi décalé que Comment organiser une orgie dans une petite ville (un autre film dont on vous parlait récemment) mais en abordant ces thèmes avec une certaine fraîcheur, peut-être une subtile ironie. Je ne connais pas assez ceux qui ont fait Le guide de la Famille parfaite, le film pour le prononcer. Des parents dans le tourment de l’adolescence et de l’enfance de leurs enfants. Une famille recomposée, cela aide pour atténuer les conflits. Pour le coup c’est de l’ironie, c’est de moi. Un enfant roi, insupportable. Les enfants Roi c’est très souvent, pour ne pas dire toujours, un garçon qui se trouve à l’extrémité de la fratrie, soit le dernier, soit le premier. Comme c’est agréable et charmant une fille qui est au milieu.

A avoir la volonté de bien faire, inspirés pas des modèles, qui parfois n’en sont pas, on se retrouve rapidement dans des situations compliquées. Ceci tout en menant une vie professionnelle ambitieuse. Cela vire au sacerdoce. Je me demande parfois si on ne préfèrerait pas être un moine trappiste au 17e siècle car on se met beaucoup de pression sur la tête. Quel dommage que nos enfants ne le découvrent qu’une fois adulte. Rassurez-vous cela reste une comédie même si on a pas la barre de dire toutes les huit minutes. Que voulez-vous voir un morveux insupportable mettre 11 fois par terre son assiette, ne me fait pas rire 11 fois. Petit con qui ne sait rien à rien du reste mais qui veut absolument dormir avec ses parents dès lors qu’ils sont en plein ébats.
Les psys nous diront qu’il faut favoriser le dialogue et la non-violence oubliant de nous dire que chez eux aussi c’est le chaos. Eduquer, c’est naviguer à vue entre contraintes, dialogues et manque de temps. Parfois on n’a juste pas le temps de gérer les choses comme il faudrait. On est des parents occupés ou fatigués ou bien les deux.
Le film est rempli de petits détails insupportables quand on les vit. Faire un cours de non-violence avec un gamin qui ne veut que se battre et ne rien écouter. Dans tous les cas, il n’aura pas la maturité avant une trentaine d’années au moins. Il lui faudrait un bon match de rugby ou une douche bien froide. C’est certainement un truc que les adultes font pour se rassurer ou pour suivre ce que les autres adultes disent, ou prétendent faire. On oublie qu’un conseil, ce n’est pas une boussole surtout quand celui qui le donne est aussi perdu. Il est parfois nécessaire de se souvenir que l’eau ça mouille et le feu ça brûle. Conseil que je devrais m’appliquer en premier chef.

Il y a aussi Pierre-Luc, le summum du millennial toujours à ne suivre que sa volonté du moment. Hermétique à toute contrainte. Même si c’est un autre personnage, c’est le résultat du rejeton, j’imagine un clin d’œil du réalisateur. Ingérable en entreprise le Pierre-Luc, il va d’ailleurs devenir la nième corvée qu’on impute à notre acteur principal. Il est parfait ce Pierre-Luc, les scénaristes ont dû bien se marrer à écrire le personnage, le stéréotype.
Le titre original est le même en français du Canada c’est donc littéralement un manuel de conseils ou plutôt la vision de nous-mêmes quand nous essayons sans cesse de suivre les fantômes des modèles des réseaux sociaux et les fantasmes de la vie rêvée des autres.
Vous retrouver la Bande Annonce juste en dessous et plus d’informations sur le film.