Alors qu’on discute depuis trente ans, sur l’idée qu’un Maire de Paris puisse se baigner dans la Seine. Chirac l’avait promis en 1988 et en 1990. On en reparle pour les Jeux olympiques à l’heure où certaines villes en amont déversent des excréments (encore) dans l’eau de la Seine. Je vous invite à lire cet article sourcé sur le traitement de l’eau de la Seine à l’acide performique. Le souci c’est que le sujet est devenu médiatique et je ne sais pas comment cela serait pouvoir être possible sans des moyens techniques colossaux. Il va falloir zéro risque, on ne peut pas se permettre d’avoir un soutien médical pour les athlètes. Cela n’aurait aucun sens. En attendant, Paris possède de l’eau de source, l’eau des puits artésiens. On ne peut pas s’y baigner mais on peut en boire.
On se baigne dans la Seine ou pas ?
Imaginer des bactéries fécales dans l’eau de la Seine, c’est à la fois normal et hallucinant quand on y réfléchit deux secondes. Cela veut dire qu’on laisse aller du caca dans l’eau, les péniches doivent bien libérer leurs eaux noires de manière sauvage mais il semblerait que certaines villes en amont aussi. A l’heure où le choléra tue en Afrique pour cette raison. La dangerosité est certaine et indiscutable. Au passage l’invention de la chasse d’eau a permis justement à l’humanité d’accroître son espérance de vie de 30 ans. Bill Gates et sa fondation travaillent sur ce sujet pour agir en Afrique.
Sans même parler qu’un humain puisse se baigner, comment font les plantes pour pousser, les poissons vivre, s’ils sont abreuvés à fréquence régulière de merde. Le pire, c’est que je parierai que les propriétaires antérieurs de ce caca ne savent même pas où leur caca va. Ils font peut-être même leurs courses dans des supermarchés bio.
Des sources souterraines en plein Paris
Revenons à nos puits artésiens. Les sources souterraines sortent à au moins trois endroits aujourd’hui dans la ville, nos fameux puits artésiens. Une source artésienne est une source jaillissant de terre. Une nappe d’eau naturelle et captive, presque qu’en surface, de laquelle de l’eau jaillit.
Les sources artésiennes sont un processus spécifique complexe, je vous invite à lire les pages Wikipédia et universitaires qui s’y réfèrent. Comme le sujet est technique, ces pages sont à la fois peu nombreuses et techniques. Des puits ont été construits à partir de ces sources au XIXè siècle afin d’alimenter les habitants en eau de source propre à la consommation.
Depuis lors, l’eau de Paris qu’il est recommandé de boire, suit des canaux et des cycles de retraitement bien différents. La mairie de Paris a même organisé la course des garçons de café pour promouvoir l’eau de Paris.
Où trouver les puits artésiens ?
Paris compte trois puits artésiens aujourd’hui en activité. Le square Lamartine dans le XVIe, le square de la Madonne dans le XVIIIe et la butte aux cailles dans le XIIIe. Il y en a eu d’autres dans le passé. A l’époque c’était populaire car essentiel, j’imagine.

D’un point de vue technique, c’est une eau de source et non une eau minérale. Ces deux types d’eaux viennent de sources souterraines mais une eau minérale a une composition minérale stable. L’eau de source contient des minéraux mais la composition peut varier, j’imagine en fonction des saisons et d’autres éléments exogènes.
Nous sommes allés à celle du XVIe. Les dernières qui restent en service se trouvent dans des squares. Les passants, sauf quelques rares aficionados ne savent pas que c’est une eau spéciale et locale. C’était sans compter sur Martine que je croise avec son chariot et ses bouteilles en verre. Elle habite à proximité et ne changerait rien à sa vie avec l’eau des puits artésiens. Elle vient tous les jours ou presque.
Quant à son goût ? je suis moins aficionado que Martine mais l’eau est bonne, elle a ce petit goût des eaux de montagne. De là à traverser la ville pour aller remplir des bouteilles, je n’y suis pas encore mais cela vaut la peine, une fois au moins d’essayer.
