C’est quoi, la politesse ?

Image : Adobe Stock / Asier

Je suis dans un avion, il y a du retard. Les annonces sont multiples et contradictoires. À mes yeux, aucune importance, surtout si on part en vacances, les retards cela arrive. J’ai toujours des choses intéressantes à lire ou à écrire. Néanmoins, des annonces se suivent et me viennent à l’esprit qu’elles sont fausses. Une intuition de singe.

Comment peut-on passer de la politesse aux mensonges ?

Il est temps qu’on se demande à quoi sert la politesse. Parfois l’abondance de règles en crée son rejet, encore plus quand la politesse se colle des conventions sociales, parfois protocolaires, que l’on ne comprend plus. Elles deviennent absurdes, désuètes et ainsi disparaissent, car elles ne sont plus comprises et plus suivies. Si elles ne sont que partiellement suivies, elles n’existent plus de facto. Trop peu les connaissent et les apprécient. Au mieux, elles font partie d’un folklore d’antan, voir un sujet d’humour. Je vous invite à relire la page sur le service à table au travers des années et des pays. Si vous avez des choses à nous partager sur le sujet, c’est avec grand plaisir.

La politesse, c’est autre chose, c’est considérer autrui, lui manifester du respect et même plus, qu’il existe en tant qu’être de civilisation. Non seulement qu’il était présent, mais qu’on avait compris ses attentes, qu’on partage ses aspirations ou bien encore quand on est l’objet d’une politesse, qu’on a remarqué la marque d’attention qui nous est portée.

La politesse est parfois discrète, silencieuse, souvent ingrate. Elle n’a pas de plus-value quantifiable. C’est ainsi. L’impolitesse est tout autre et de temps en temps avec outrance le strict contraire. Je ne sais pas où se trouve la limite entre l’impolitesse et l’incivilité. Ceux qui la dépassent, la dépassent généralement et sans cesse. On est dans une période d’incivilités. J’ose par optimiste, dire période plutôt qu’époque, je n’ai pas envie de mourir dedans. Seulement voilà, on doit vivre avec cette pathologie soit par peur, soit par manque de temps, soit par fatigue.

Les Japonais ont une politesse honnête, respectueuse – Source image : PR Image Factory / Adobe Stock

De l’incivilité, on glisse fréquemment à la violence et de l’impolitesse, on se retrouve ainsi dans la mare boueuse de l’incivilité et de la violence. Compliqué de revenir ensuite au calme de la politesse. Aussi simple que de remonter un toboggan par le bas. Là ne s’arrête pas la propagation de la maladie. Pour éviter les incivilités ou la violence, le cerveau humain va utiliser le mensonge. Le mensonge est utile, car il est à retardement. Le mensonge ne se voit pas quand il se produit. Il ne se comprend pas immédiatement, il faut du temps entre le moment où il est formulé et celui où il est démasqué. Il permet à son auteur de gagner ce temps précieux avant de perdre la face et de ne plus être là quand il advient. Cela ajoute de la frustration à celui qui en est la victime.

Rarement, elle répond avec politesse, mais avec davantage d’incivilités, de violences et de vulgarités. D’autant plus qu’elle aura du mal à soulager cette frustration à l’auteur du mensonge, elle doit la transmettre à une autre personne elle-même à son tour victime.

Rétablir la politesse, c’est accepté d’y perdre à coup sûr les premières fois. Rappelez-vous, elle est ingrate et silencieuse. Parfois même, elle ne procure aucune satisfaction. C’est un cadeau qu’on fait à autrui pour mieux vivre ensemble.

Dans notre époque, individualiste et personnelle, où tout tourne autour de soi et de sa satisfaction, la politesse peine à éclore. C’est revenir à l’âge de pierre, du temps long, celui de la patience, de l’apprentissage. La maturité du fruit à l’arbre est celle d’une année et je n’ai aucun raccourci dans cette démarche. Aucun hack, c’est juste pour vous rappeler à quoi cela sert, cela permet sinon de combler ce temps, d’atténuer l’impatience.

Pourquoi vous ai-je parlé de cela ? Tout simplement pour dire à tous les pilotes de ligne qu’ils n’ont pas besoin de mentir dans le micro, bord**😤. Au moins pour deux heures, on a besoin d’eux, ils ne risquent rien.

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