[Avis Cinéma] Cash, le film de braquage à la française

Date de sortie :6 juillet 2023
Pays d’origine :France
Langue :Français
Lieu du tournage :Chartres, France
Sociétés de production :2425 Production, Netflix

Pour une fois je commence par la fin, c’est le meilleur film que j’ai vu depuis un moment. C’est quoi au juste ? Une fresque sociale, une arnaque, un film policier, une comédie ? C’est un peu tout à la fois et subtilement mélangé. Honnêtement, j’aurais aimé 20-30 minutes de plus…

Grosso modo un mec du coin de Chartres ambitieux et impatient n’ayant pas pu monter l’entreprise qu’il voulait, atterrit comme ouvrier dans la seule usine qui tourne dans son coin. Il va vite s’ennuyer et avoir des désirs de grande vie. Il va monter une arnaque, un détournement de marchandises, avec la complicité d’autres collègues qui n’attendaient que cela pour devenir des gangsters. L’honnêteté face à la cupidité, dans ces cas-là, résiste autant que mamie face à Mike Tyson sur un ring.

Certains collègues avaient été baignés certainement de vidéo YouTube qui te promettent la liberté financière. Bref l’argent coule à flot, on est dans le parfum, jeu de mot facile. On aime cela le pognon, on trouve toujours des conneries à dépenser.

La voix off est l’arme absolue du film. Elle plante le décor, explique simplement – vous me direz c’est l’utilité de la voix off – mais cette fois, elle est travaillée, elle a un accent. L’accent parfait, à la fois beauf, banlieue, prolo, je ne sais pas mais elle envoie. Un mélange de tout. C’est la voix de l’acteur principal Raphaël Quenard, brillant et qui prend de l’assurance au fur et à mesure que cela avance dans le film. 

Elle envoie d’autant plus que le contenu est top simple, top intelligent. Il y a un peu de Forest Gump dans cette voix et dans ce qu’elle raconte. Les bonnes choses se passent avec une facilité déconcertante, tout arrive rapidement.

Rassurez-vous ou pas, la morale va revenir, ils ne vont pas tous partir au Bahamas. C’est fou comme c’est compliqué le management des anciens pauvres. Le film est parsemé de phrases proverbes et de blagues frappées du sceau de la sincérité : « Y’a pas pires riches que les anciens pauvres », « Dès la première paye, les miens ont ouvert les vannes de la connerie, et bien à fond ». « La vraie France des heures sup’ nettes d’impôt c’était nous ».

Vous l’aurez compris, pour une fois, noir sur blanc, j’exige que vous le regardiez. Il est sur Netflix.

Victor

Victor, donc. J'aime partager mes impressions. Urbain mais assez sauvage au fond.

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