On va parler vrai. On n’a pas l’habitude de parler faux, mais pour une fois, je tenais à le rappeler. Est-ce vraiment nécessaire ? Parlons de croisière. C’est des vacances de rêves, une expérience digne des Singes Urbains que nous sommes. La croisière est devenue un emblème de la pollution, un peu trop vite parfois. Beaucoup de choses deviennent vite des emblèmes de pollution et de réchauffement climatique. Même si on se prend quelques jours au mois d’août à 19°. On devrait commencer par imposer aux enfants d’écrire avec un stylo plume à pompe au lieu de les faire plancher sur tous les sujets de réchauffement avec un stylo en plastique dans les mains.
Revenons sur mer. Tous les éléments que j’avance sont du vécu. C’est le cas de tous nos articles. Le bateau de croisière, c’est 3500 vacanciers, 1000 personnes d’équipage. Une petite bourgade. C’est énorme. C’est un bâtiment de 14 ponts. Cependant, dans la galaxie des bateaux, c’est petit ou moyen.

Une semaine sur l’eau, c’est une escale par jour, 1600 miles nautiques. À 2000 l/h cela fait beaucoup, 700l quand le navire est à quai. Ces bateaux utilisent du fioul lourd qui génèrent de l’oxyde de soufre et de l’oxyde d’azote. C’est ce que reprochent à raison les écologistes, ou toute personne qui regarde le sujet de près, c’est ce que j’ai voulu faire. J’ai précisément fait une recherche, car quand tu dis avoir passé une semaine de croisière, on commence par te parler de la pollution avant la super expérience dont je vais parler après. Le reproche de la pollution serait à faire à l’ensemble navire, ferry et porte-conteneurs en premier lieu. D’ailleurs, si vous êtes curieux, il existe maintenant des paquebots dotés d’une pile à combustible.
Si vous ne voulez pas partir en croisière pour cette raison, n’achetez plus de produits importés au risque de polluer par procuration. Les plus grosses compagnies réfléchissent à des alimentations partielles alternatives, à commencer par des panneaux solaires. Il faut dire qu’en Méditerranée orientale en juillet cela cogne dès 6h du matin. Je revis l’arrivée à Haïfa, 5h du matin, le ciel rose, la chaleur. Les compagnies de croisière deviennent écolos en faisant des économies. C’est un cercle vertueux.

Parlons-en : l’essentiel et le superflu
À bord, on a l’impression, où que l’on soit, d’une traversée de l’Atlantique avant l’aviation. Jeux de pont, soirée du capitaine, programme déposé sur le lit tous les jours. J’adore ce charme d’antan. Bien souvent sans nouvelles technologies, car à moins d’acheter les forfaits Wi-Fi inutiles, si vous bornez la 5G par satellite, il vous en coûtera deux à trois fois le prix de vos vacances. Chère la publication Instagram.
À bord, c’est aussi l’ONU. Il y a toutes les nationalités, des Philippines à Israël en passant par le Brésil, le Maroc, le Zimbabwe, l’Australie. La liste est longue, Ukraine, Maurice, Italie, je m’arrête là… Bien sûr, les clients viennent généralement des pays riches et les personnels de bord des pays pauvres, mais pas toujours. Les équipes sont constituées par nationalités, les Indonésiens au service à table, les Indiens au service en chambre. Ambiance bon enfant, on est bien entre étrangers. On n’a pas vu de Français relous, c’était peut-être nous ces Français relous, je ne crois pas. Les relous étaient en vacances ailleurs.
Chaque jour ou presque, le navire s’arrête dans un nouveau port. Occasion de visiter généralement des vestiges architecturaux. Kotor au Monténégro, un écrin, Kusadasi en Turquie, une perle, Jérusalem, Santorin. On se promène, on découvre et on visite. Le soir venu, retour à la maison, la grande maison. Le planning du jour, que dis-je, ton journal de bord, t’attend sur le lit. Ton lit est fait. Ton linge est propre. Je vous dis, c’est la vie d’autrefois avec le plaisir d’avoir du personnel qui s’occupe de toi. Tout le monde parle plusieurs langues. C’est facile.

Que trouve-t-on dans un bateau de croisière ?
Il y a énormément de choses à faire à bord. De nombreux bars, des salles de jeux, un casino, des boutiques, un minigolf, un fumoir. C’est agréable d’aller fumer face à un portrait de Churchill. Il y a un spa avec hammam, jacuzzi, sauna et un bar à cocktails healthy. C’est pour après avoir fumé un cigare. Les enfants vont et viennent. Ils connaissent rapidement le bateau mieux que toi. Il y a de la bouffe à tous les étages et c’est bon. Le soir, on s’habille, même si c’est moins qu’avant et qu’il doit y avoir des compagnies chics qui poursuivent la tradition de la robe longue et du smoking.
On dîne à table et le bateau sonne la corne pour indiquer qu’on prend la mer, le large. C’est comme un livre pour enfants, je vous dis. À table, vous pouvez demander autant de plats que vous voulez. Je vous donne le truc, n’en abusez pas ! Je parle de MSC que je connais, mais cela doit être le cas partout. Vraiment si vous êtes gourmand. Chapeau aux équipes en cuisine de réaliser 3000 plats en 3h de cette qualité. Cela relève de l’exploit.
Ensuite vient le temps du spectacle par des artistes professionnels. Danse, chant, acrobaties, chaque soir, une représentation d’une heure. Puis vient le temps du casino, si tu aimes jouer. Je n’ai pas trop ce vice, sur ce point j’ai été épargné. Je préfère me prendre un x-ième bloody mary ou un daiquiri Strawberry dans un des nombreux bars à animations. Si tu aimes ZZ Top, Minight Oil, il y avait un artiste qui les interprétait à merveille. J’ai posé l’ancre là. J’ai oublié Kiss et ACDC, j’enchaîne les cocktails. On traîne jusqu’à une certaine heure. On oublie plus rapidement sa montre qu’en avion et pourtant le décalage horaire est nul. Direction la boîte de nuit à laquelle sont déjà les adolescents qui découvrent la vie de la nuit. Atmosphère bon enfant aussi. C’est un bon moyen pour eux de s’initier.

Chaque jour se ressemble sans s’installer de routine. Une semaine passe vite et on revient rapidement au point de départ. À quai, tu te réveilles de cette semaine enchantée durant laquelle comme un enfant, on t’a traité. À bientôt !