Chartier : un restaurant français qui respect la tradition

Qu’appelle-t-on une institution en termes de restaurant ? Un lieu où on va de père en fils ou de père en fille ? Un lieu plein du soir au matin — plutôt du matin au soir — et qui sert même à 15h ? Un lieu où l’addition atteint un SMIC ou les plats pourraient être pricés en Bitcoin ? 

Chartier que j’appelais avant « chez Chartier », mais qui désormais s’appelle Bouillon Chartier, répond positivement à au moins deux de ces questions. C’est toujours ouvert ou presque, 11h30 à minuit en continu. Parfois, il faut s’armer de patience : il y a des touristes qui attendent des heures pour pouvoir venir, et pour s’« Instagramer » j’en suis sûr. 

Je ne sais pas si on y va de père en fils ou de père en fille, mais je vous le conseille pour plein de raisons. Déjà, c’est bon et simple, dans le bon sens du terme. C’est servi dans l’ambiance routier, dans un décor de wagon-restaurant sous un toit cathédrale.  On vous a fait un petit short sur YouTube et TikTok pour que vous voyiez l’ambiance.

Les serveurs sont simples comme les plats, dans le bon sens du terme là encore. Ils font l’addition sur la table, plus vite qu’Excel alors que souvent, comme aurait dit Mamie, ils n’ont pas le certificat d’étude. 

Les prix sont bas et ce n’est pas courant à Paris, sauf à manger un kebab. Surtout Chartier fait la part belle aux abats, à tous les plats franco-français délicieux qui font peur aux jeunes et aux étrangers rien qu’à prononcer leurs noms, comme « Keyser Söze » : tête de veau, tripes à la mode de Caen, salade de museau. D’ailleurs c’est pathétique de voir des touristes qui viennent manger un steak frites et cocher la case de « J’ai fait Chartier ».

Merci de perdurer cette tradition, car ces plats sont bons et pas si durs à appréhender gustativement. C’est écolo, car tout manger dans un animal, c’est aussi prélever moins dans la nature. Merci Dame Nature, merci Chartier. Je ne pensais pas vraiment finir mon article ainsi. Si un jour les gens de Chartier me lisent, ils vont me prendre pour un taré. C’est ça, un Singe-Urbain !

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