Peinture : Rothko en majesté à la Fondation Louis Vuitton

Le nouveau Le Wrap-Up est là ! La newsletter de Christian Riedi est composée de 5 points d’actualité par semaine dans les domaines de la technologie, l’IA, de la culture et des sorties à Paris. A la Fondation Louis Vuitton se déroulait l’exposition de Mark Rothko achevée le 2 avril 2024.

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La newsletter de Le Wrap-Up, rédigé par Christian Riedi

L’exposition consacrée au peintre américain Mark Rothko (organisée jusqu’au 2 avril 2024) marque la première rétrospective en France depuis 1999. Cette manifestation, d’envergure exceptionnelle, réunit environ 115 œuvres de Rothko, provenant de prestigieuses collections institutionnelles et privées internationales, dont celles de la National Gallery de Washington, de la Tate de Londres ou encore de la Phillips Collection de Washington, ainsi de la famille de l’artiste (pour les oeuvres les plus anciennes, non abstraites).

L’exposition propose un parcours chronologique de l’œuvre de Rothko. Elle débute avec ses premières peintures figuratives, dominées par des scènes intimistes et des paysages urbains, notamment des scènes du métro new-yorkais des années 1930, que Rothko n’affectionnaient pas trop, disant qu’il ne parvenait qu’à “mutiler” les modèles représentés. Ces œuvres initiales cèdent progressivement la place à un répertoire inspiré des mythes antiques et du surréalisme.

À partir de 1946, Rothko embrasse un tournant décisif vers l’abstraction, marqué par la phase des “Multiformes”, caractérisée par des masses chromatiques en suspension qui cherchent un équilibre. Par la suite, ses œuvres évoluent vers ce qui est aujourd’hui reconnu comme ses pièces « classiques » des années 1950. Ces travaux se distinguent par la superposition de formes rectangulaires dans des tons variés comme le jaune, le rouge, l’ocre, l’orange, le bleu et le blanc.

En 1958, Rothko reçoit une commande importante pour le restaurant de la Tour Seagram de New York, mais il renonce finalement à la livrer, conservant l’intégralité de la série. Ces œuvres, marquées par des teintes de rouge profond qui juraient avec l’atmosphère festive du lieu de destination, seront plus tard confiés à la Tate Gallery, constituant une salle dédiée à son travail.

Les années 1960 voient Rothko répondre à de nouvelles commandes, dont la plus notable est la chapelle conçue par John et Dominique de Menil à Houston, inaugurée en 1971 sous le nom de Rothko Chapel. Bien que Rothko ait privilégié des tonalités beaucoup plus sombres à la fin des années 1950, il n’a pas cependant complètement abandonné sa palette de couleurs vives.

L’exposition présente également la série des Black and Grey de 1969-1970, qui sont exposées ici aux côtés des œuvres d’Alberto Giacometti, proche de la muséographie que Rothko avait envisagé pour une commande initialement du nouveau siège de l’UNESCO à Paris.

La rétrospective permet une lecture renouvelée de l’œuvre de Rothko en voyant l’évolution de l’artiste qui aura trouvé son style au fil de ses recherches.

On est cependant quelque peu dépassé par cette abondance de toiles de l’artiste, qui bien que différentes, se ressemblent beaucoup dans leur approche conceptuelle. Il en résulte un sentiment de lassitude de voir tout le temps la même chose. Les toiles de Rothko sont des invitations à la méditation et à l’apaisement et on a trop l’impression d’une séance de méditation découpée en microcoupures de 15 secondes, rendant impossible de s’y plonger totalement sereinement. On aura préféré l’exposition du printemps 2022 à Giverny qui était beaucoup plus économe et contemplative de l’œuvre de l’artiste.

Christian

Auteur de Wrap Up, une newsletter hebdomadaire qui déniche 5 actualités média, tech ou IA toutes les semaines avec généralement une recommandation de sortie culturelle (plutôt parisienne) à la fin.

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